Chow-Chow : caractère, santé et conseils pour bien l'adopter
Fiche d'identité du Chow-Chow
| Pays d'origine | Chine |
|---|---|
| Groupe FCI | Chiens de type Spitz et de type primitif |
| Taille (mâle / femelle) | 48-56 cm / 46-51 cm |
| Poids (mâle / femelle) | 20-32 kg / 18-27 kg |
| Espérance de vie | 9-15 ans |
| Pelage | Très abondant, droit ou lisse |
| Couleurs | Rouge, noir, bleu, fauve, crème |
| Exercice quotidien | 45 min-1h |
Caractère et tempérament
Le Chow-Chow ne fonctionne pas comme les autres chiens, et c'est la première chose à accepter avant d'en adopter un. Là où un Labrador cherche à plaire, le Chow-Chow décide. Il a été sélectionné pendant des millénaires pour garder seul, sans consigne, ce qui a produit un chien autonome qui évalue les situations à sa manière et n'attend aucune instruction. Son attachement est réel mais discret : le Chow-Chow choisit en général une personne de référence, reste dans la même pièce qu'elle sans réclamer de caresses, et exprime son affection par la présence plutôt que par les démonstrations. Beaucoup de propriétaires le comparent à un chat, et la comparaison va plus loin qu'on ne l'imagine : il est d'une propreté remarquable, fait sa toilette, dégage peu d'odeur et comprend très vite où il doit faire ses besoins. Avec les inconnus, il reste poliment distant, sans agressivité s'il a été bien socialisé, mais sans la moindre envie de leur faire la fête. Sa dignité s'accompagne d'un seuil de tolérance limité : le Chow-Chow supporte mal qu'on le manipule sans le prévenir, qu'on le dérange en plein sommeil ou qu'un enfant s'accroche à sa fourrure.
Santé et espérance de vie
L'espérance de vie du Chow-Chow s'étale de 9 à 15 ans, un écart important qui dépend beaucoup de la qualité de l'élevage et du poids maintenu tout au long de sa vie. Trois problèmes dominent le suivi de la race. La dysplasie de la hanche y est très présente : l'articulation se forme mal et le chien compense par une démarche encore plus raide que celle, déjà particulière, du Chow-Chow. Un chien qui peine à se relever après une sieste, qui monte les marches en se propulsant des deux postérieurs à la fois ou qui refuse de sauter dans le coffre doit être radiographié ; un éleveur sérieux fournit d'ailleurs spontanément les résultats de dépistage des hanches de ses reproducteurs. L'entropion s'explique en grande partie par la morphologie de sa tête : les bourrelets de peau du front pèsent sur des yeux déjà petits et profondément enchâssés, ce qui pousse le bord de la paupière à basculer vers le globe. Le résultat est une irritation permanente, avec un chien qui cligne beaucoup, dont l'œil pleure sans arrêt et dont la cornée finit par s'ulcérer ; une opération corrige le défaut, d'autant plus facilement que le diagnostic est posé jeune. Les troubles thyroïdiens, enfin, sont fréquents dans la race : une baisse d'activité, une prise de poids sans changement de ration et un pelage qui devient terne et sec justifient un dosage sanguin.
Prédispositions génétiques à surveiller :
- Dysplasie de la hanche
- Entropion
- Problèmes thyroïdiens
Alimentation du Chow-Chow
Un Chow-Chow adulte pèse 20 à 32 kg pour un mâle, 18 à 27 kg pour une femelle, et représente un budget alimentaire soutenu chaque mois. Cette race a une réputation méritée de mangeur difficile : beaucoup de Chow-Chows mangent lentement, boudent une gamelle sans raison apparente et refusent tout changement brutal de croquettes. Mieux vaut installer très tôt un cadre stable, deux repas à heure fixe dans un endroit calme, retirer la gamelle après un quart d'heure et ne jamais transformer le repas en négociation. Cette même indépendance se retrouve dans son rapport à la nourriture : le Chow-Chow supporte mal qu'on l'approche pendant qu'il mange, et les enfants doivent apprendre à le laisser strictement tranquille à ce moment-là. La difficulté propre à la race est ailleurs : son volume de fourrure masque totalement sa silhouette, sa taille disparaît sous la collerette et un Chow-Chow peut prendre plusieurs kilos sans que rien ne se voie. Contrôlez son état en enfonçant les doigts jusqu'à la peau, au niveau des dernières côtes, une fois par semaine. Chaque kilo superflu se paie directement sur des hanches déjà exposées. Un bon apport en acides gras soutient par ailleurs la production de ce pelage exceptionnellement dense.
Éducation et comportement
Éduquer un Chow-Chow demande d'abandonner l'idée qu'un chien travaille pour faire plaisir. Cette race n'obéit pas par dévouement, elle coopère quand la relation est bonne et que la demande a du sens à ses yeux. La contrainte ne fonctionne pas : un Chow-Chow que l'on force se braque, se fige et cesse purement et simplement de participer. La répétition ne fonctionne pas davantage, car il se lasse plus vite que la plupart des chiens : trois répétitions bien payées valent mieux que quinze. La socialisation est en revanche la priorité absolue, et pour une raison propre à la race : le Chow-Chow communique très mal avec ses congénères. Sa queue est enroulée en permanence sur son dos, ses oreilles sont petites et fixes, sa face est noyée dans la fourrure et sa langue est bleue, si bien que les autres chiens ne parviennent pas à lire ses intentions, ce qui génère malentendus et conflits. Multipliez donc les rencontres encadrées avec des chiens équilibrés dès les premières semaines. Habituez-le également très tôt aux manipulations, brossage, examen des yeux, des pattes et des oreilles, car un Chow-Chow adulte de 30 kg qui refuse de se laisser toucher devient un vrai problème chez le vétérinaire comme chez le toiletteur.
Éducation chiot : guide complet
Entretien et toilettage
Le pelage du Chow-Chow est ce qui décourage le plus de propriétaires, et il ne faut surtout pas le sous-estimer. Sous son poil de couverture très abondant se cache un sous-poil laineux d'une densité peu commune, qui forme sa collerette et ses culottes. Hors période de mue, un brossage sérieux deux à trois fois par semaine, mèche par mèche jusqu'à la peau, avec une carde puis un râteau à sous-poil, constitue le strict minimum. Deux fois par an, la mue du Chow-Chow est spectaculaire : le sous-poil part par poignées entières pendant deux à trois semaines et exige alors un brossage quotidien. Un point capital : un Chow-Chow ne se tond pas. Son double pelage l'isole autant du froid que de la chaleur, et une tonte repousse souvent mal et de façon irrégulière. Le sous-poil non brossé se feutre contre la peau, retient l'humidité et provoque des irritations que l'on découvre trop tard, précisément parce que tout est caché. Ses oreilles, petites, épaisses et dressées, sont bien ventilées et posent peu de problèmes, mais elles sont enfouies dans la collerette : écartez le poil chaque semaine pour les inspecter. Ses plis faciaux se contrôlent également, tout comme ses yeux enfoncés, dont il faut essuyer les sécrétions. Enfin, cette fourrure rend le Chow-Chow très vulnérable à la chaleur : de juin à septembre, ses sorties se placent tôt le matin et en soirée, jamais entre 11h et 18h.
Prix et budget annuel
Pour un Chow-Chow, compter entre 800€ et 2000€ chez un éleveur LOF sérieux. Le budget annuel d'entretien comprend :
- Alimentation : 80-130€/mois
- Vétérinaire (vaccins, bilans) : 300-500€/an
- Assurance santé : 30-50€/mois
Le Chow-Chow est-il fait pour vous ?
Le Chow-Chow s'adresse à un maître expérimenté, calme, et surtout capable d'apprécier un chien qui ne le couvre pas de démonstrations d'affection. Si vous cherchez un compagnon fusionnel qui vous suit partout la queue frétillante, cette race vous décevra. Si en revanche vous appréciez la présence tranquille d'un chien digne, discret, capable de rester seul plusieurs heures sans détresse, le Chow-Chow est un compagnon d'une grande qualité. Sa propreté naturelle et son calme en intérieur le rendent étonnamment compatible avec un appartement, à condition d'assurer ses 45 minutes à 1 heure de marche quotidienne et de vivre dans un logement qui ne surchauffe pas l'été. Il est en revanche déconseillé comme premier chien, ainsi que dans un foyer avec de jeunes enfants qui voudront le câliner et l'attraper. La cohabitation avec un chat ou d'autres animaux exige une introduction très précoce et reste incertaine. Prévoyez enfin le temps de brossage, chaque semaine, toute l'année : c'est la contrainte la plus lourde et la plus constante de cette race, bien avant son prix d'achat.
Chow Chow : l un des plus anciens chiens au monde, et l un des plus independants
Le Chow Chow est l'une des races canines les plus anciennes du monde : des analyses génétiques ont montré qu'il fait partie des races primitives les plus proches des loups ancestraux, avec une divergence génétique des autres races domestiques estimée à plusieurs milliers d'années. Il est originaire de Chine du Nord, où il était utilisé pour la chasse, la garde et la traction de chariots. En Chine impériale, l'Empereur Ling de Han possédait près de 2 500 paires de Chow Chows. La robe peut être fauve, noire, bleue, rouge ou crème. Sa langue bleu-noir est sa caractéristique la plus étonnante, partagée uniquement avec le Shar-Pei.
Le Chow Chow est souvent décrit comme un chien de caractère félin : il est indépendant, fier, peu expressif de ses émotions et sélectif dans ses affections. Il n'est pas obséquieux et ne cherche pas à plaire à son propriétaire de la même façon qu'un Labrador ou un Berger Allemand. Cette indépendance est souvent mal interprétée comme de la froideur ou de l'indifférence, alors qu'il s'agit d'un trait ancestral de son rôle de gardien autonome. Un Chow Chow respectueux et sociabilisé est très loyal envers sa famille, simplement à sa façon.
L'éducation du Chow Chow est un défi réel qui ne convient pas aux primo-adoptants. Ses traits de caractère indépendant et sa tendance au one-person dog rendent l'éducation par la contrainte totalement inefficace. Seule l'approche positive, basée sur la confiance et le respect mutuels, peut fonctionner. La cohérence et la patience sont les mots clés : il apprend lentement mais retient parfaitement.
Tests génétiques et santé : dysplasie de la hanche (OFA ou PennHIP, très prévalente dans la race), dysplasie du coude (aussi très prévalente), entropion (repli des paupières vers l'intérieur causant des ulcères cornéens, peut nécessiter plusieurs chirurgies), hypothyroïdie (dosage TSH annuel), pemphigus (maladie auto-immune cutanée), alopécie mélanodermique (perte de poil sur les zones pigmentées).
Ses problèmes respiratoires liés à sa morphologie brachycéphale partielle sont moins sévères que chez les Bouledogues Français, mais doivent être surveillés par temps chaud. Sa robe épaisse et son sous-poil dense le rendent extrêmement sensible aux coups de chaleur en été : sorties à exclure entre 11h et 18h de juin à septembre en France. Le brossage est hebdomadaire hors mue et quotidien pendant les deux mues saisonnières. Il convient aux personnes qui valorisent un compagnon discret, fier et loyal, capable d'être seul plusieurs heures sans anxiété excessive.
Une autre particularité physique du Chow Chow, moins connue que sa langue bleue, tient à sa démarche : contrairement à la plupart des chiens, il possède un grasset (l'articulation du genou postérieur) presque droit, ce qui lui donne une allure raide et légèrement mécanique, les postérieurs se déplaçant presque en ligne droite plutôt qu'en amortissant le mouvement. Cette conformation particulière, héritée de son rôle ancestral de chien de garde et de trait, explique en partie sa prédisposition à la rupture du ligament croisé antérieur, une blessure articulaire fréquente dans la race et qui nécessite souvent une intervention chirurgicale.
Le nom même de la race a une origine curieuse : il viendrait du pidgin anglais utilisé par les marins et commerçants britanniques du XVIIIe siècle, qui désignaient sous le terme générique de « chow-chow » les cargaisons diverses en provenance de Chine, notamment les bibelots et marchandises assorties. Le chien aurait été rangé dans cette catégorie de « curiosités chinoises » lors de son arrivée en Angleterre, avant que ce nom ne devienne celui de la race elle-même.
Le pelage du Chow Chow existe en deux variétés bien distinctes : le poil long et abondant (rough-coat), le plus connu, avec sa collerette caractéristique autour du cou qui évoque une crinière de lion, et le poil court (smooth-coat), plus rare, au toucher dense et rêche, qui met davantage en valeur la musculature du chien. Les deux variétés partagent le même sous-poil épais et demandent une vigilance similaire face à la chaleur.
Sur le plan historique, au-delà de son rôle de gardien et de chasseur, le Chow Chow a aussi été élevé en Chine ancienne pour sa fourrure épaisse, utilisée pour confectionner des vêtements, et dans certaines régions pour sa viande, une pratique aujourd'hui totalement abandonnée mais qui explique l'ancien surnom de « chien comestible » parfois associé à la race dans des textes occidentaux du XIXe siècle.
Fait insolite : le Chow Chow a séduit plusieurs personnalités historiques. Le psychanalyste Sigmund Freud possédait une Chow Chow nommée Jofi, qu'il amenait à ses séances de thérapie car sa présence calme aidait, selon lui, à détendre ses patients. La reine Victoria d'Angleterre en possédait également plusieurs à la fin du XIXe siècle, ce qui a largement contribué à populariser la race en Europe occidentale.
Points de santé spécifiques
Le suivi maison d'un Chow-Chow repose sur trois points d'attention. Ses yeux d'abord, à examiner chaque semaine en écartant les plis du front : chez cette race aux yeux profondément enfoncés, un larmoiement permanent ou un œil que le chien garde à demi fermé n'est jamais anodin et se montre rapidement au vétérinaire. Son arrière-train ensuite : le Chow-Chow a naturellement une allure raide, ce qui masque longtemps une gêne articulaire. Le signal utile n'est donc pas la démarche elle-même mais son évolution, un chien qui hésite désormais devant l'escalier ou met plus de temps à se lever qu'il y a six mois. Son pelage enfin, qui sert d'indicateur de santé générale : un poil qui se dégarnit symétriquement sur les flancs, devient terne et repousse mal, chez un Chow-Chow moins actif et qui grossit, oriente vers un bilan thyroïdien. Comptez un bilan annuel jusqu'à 7 ans, puis semestriel, en profitant de chaque visite pour faire vérifier ses hanches et son poids réel sous la fourrure. L'écart entre un Chow-Chow qui atteint 9 ans et un autre qui en vit 15 se joue largement là.