Greyhound (Lévrier Anglais) : caractère, santé et conseils pour bien l'adopter
Fiche d'identité du Greyhound (Lévrier Anglais)
| Pays d'origine | Angleterre |
|---|---|
| Groupe FCI | Lévriers |
| Taille (mâle / femelle) | 69-76 cm / 66-71 cm |
| Poids (mâle / femelle) | 27-40 kg / 27-34 kg |
| Espérance de vie | 10-14 ans |
| Pelage | Court, fin, brillant |
| Couleurs | Toutes les couleurs |
| Exercice quotidien | 30-45 min intense + repos |
Caractère et tempérament
Le Greyhound vit sur deux registres qui n'ont rien à voir l'un avec l'autre. Dehors, à la vue d'un mouvement rapide, c'est un prédateur visuel qui décolle sans prévenir et devient sourd à tout rappel. Dedans, c'est le chien le plus discret qui soit : il choisit un couchage, s'y enroule et n'en bouge quasiment pas, sans aboyer, sans réclamer, sans tourner en rond. Cette discrétion est parfois trompeuse, beaucoup de nouveaux adoptants s'inquiétant de le trouver amorphe alors qu'il est simplement dans son rythme normal. Sa sensibilité est son autre trait marquant : une voix qui monte, un geste brusque ou une ambiance tendue le figent, et il met du temps à revenir. Il s'attache profondément mais reste réservé avec les inconnus, sans agressivité, plutôt sur la retenue et l'observation. Avec les enfants, il est excellent (90/100) tant qu'on lui laisse un endroit où se retirer sans être dérangé. Avec les chats, c'est le point faible de la race (30/100) : son instinct de poursuite se déclenche sur la fuite et non sur l'espèce, et seuls les sujets testés comme compatibles par les associations peuvent raisonnablement cohabiter avec un félin.
Santé et espérance de vie
Avec 10 à 14 ans d'espérance de vie, le Greyhound est solide pour un chien de son gabarit, mais il porte trois particularités que tout maître doit connaître avant la première consultation. La plus importante est sa sensibilité à l'anesthésie : sa masse graisseuse quasi inexistante modifie la façon dont son organisme élimine les produits anesthésiques, et certains protocoles courants, notamment à base de barbituriques, sont dangereux chez lui. Prévenez systématiquement le vétérinaire de la race avant toute intervention, y compris un simple détartrage, et choisissez si possible un praticien habitué aux lévriers. Deuxième particularité, l'hypothermie : un poil ras, l'absence de sous-poil et l'absence de gras sous la peau font qu'il se refroidit vite, en promenade hivernale comme au réveil d'une anesthésie. Un manteau n'est pas un accessoire de mode chez cette race, c'est un équipement de base. Troisième point, l'ostéosarcome, cancer osseux plus fréquent chez les lévriers de grande taille : une boiterie qui s'installe sans cause claire, en particulier sur un membre antérieur, mérite une radiographie rapide. Sachez enfin que ses analyses sanguines normales ne ressemblent pas à celles des autres chiens, avec un hématocrite naturellement plus élevé, et qu'un laboratoire non averti peut les lire comme pathologiques.
Prédispositions génétiques à surveiller :
- Sensibilité à l'anesthésie
- Hypothermie
- Ostéosarcome
Alimentation du Greyhound (Lévrier Anglais)
Le Greyhound est naturellement maigre, et c'est le premier réflexe à désapprendre quand on le nourrit : chez cette race, voir les trois ou quatre dernières côtes et les vertèbres lombaires en relief est la norme et non un signe de dénutrition. Un Greyhound arrondi est un Greyhound en surpoids, et ces kilos abîment des articulations conçues pour un corps sec de 27 à 40 kg. Le bon repère n'est donc pas visuel mais chiffré : une pesée mensuelle et un poids de forme fixé avec le vétérinaire valent mieux que l'impression des voisins. Sur le plan pratique, deux repas quotidiens à heure fixe conviennent, avec une pause d'au moins une heure entre le repas et tout effort, sa poitrine profonde le rendant sensible aux dilatations d'estomac. Les anciens coureurs arrivent souvent d'un régime très riche en viande et supportent mal une transition brutale vers des croquettes du commerce : étalez le changement sur dix à quinze jours. Sa dentition est le dernier point à surveiller, les chiens issus de chenils de course présentant fréquemment un tartre important dès l'adoption ; des croquettes de bon calibre associées à un brossage régulier ralentissent nettement la reprise du dépôt.
Éducation et comportement
Éduquer un Greyhound demande de renoncer à un objectif que d'autres races atteignent facilement : le rappel fiable en espace ouvert. Sa vision périphérique très large et son instinct de poursuite à vue font qu'un lapin ou un chat aperçu à trois cents mètres annule tout apprentissage en une fraction de seconde, et il peut être hors de portée de voix avant même qu'on ait crié son nom. La laisse en zone non clôturée n'est donc pas une question de dressage mais de sécurité, y compris pour un chien parfaitement obéissant par ailleurs. Le reste de son éducation est étonnamment simple, ce qui explique sa bonne note pour un premier maître (75/100) : il est doux, peu têtu et cherche à faire ce qu'on lui demande. Sa sensibilité impose une seule méthode, la récompense et la voix calme, car un Greyhound réprimandé fort ne devient pas rebelle, il se ferme et cesse d'essayer. Deux apprentissages sont propres aux anciens coureurs : les escaliers et les sols glissants, qu'un chien élevé en chenil découvre à l'âge adulte, et la vie dans une maison avec ses fenêtres, ses miroirs et ses portes vitrées. Comptez plusieurs semaines pour ces découvertes, une à la fois, sans jamais forcer. Détail amusant : beaucoup de Greyhounds ne s'assoient pas spontanément, leur musculature de cuisse rendant la position inconfortable, inutile d'en faire un objectif d'obéissance.
Éducation chiot : guide complet
Entretien et toilettage
Le poil ras, fin et brillant du Greyhound se contente d'un gant en caoutchouc une fois par semaine, sans tondeuse et sans bain fréquent, sa peau étant trop fine pour supporter des shampooings rapprochés : deux à trois fois par an suffisent hors salissure exceptionnelle. Ses oreilles, petites et portées repliées en rose contre le crâne, se redressent partiellement en éveil ; cette conformation les ventile bien et rend les otites nettement plus rares que chez les races à grandes oreilles pendantes, un simple coup d'œil mensuel suffit. Le vrai travail d'entretien du Greyhound est ailleurs, sur sa peau et sur ses points d'appui. La couche de graisse sous-cutanée étant quasi absente, les ronces, grillages et sols rugueux provoquent facilement des coupures qui saignent beaucoup pour leur taille : une trousse avec compresses et bande cohésive a sa place à la maison. Les coudes, les hanches et le sternum, os saillants directement en contact avec le sol quand il se couche, développent des callosités épaisses et parfois douloureuses si le couchage est trop dur. Un matelas à mémoire de forme d'au moins 8 cm d'épaisseur, assez long pour un chien de 70 cm au garrot allongé de tout son long, prévient ces cors bien mieux que n'importe quelle crème. Enfin, gardez un manteau imperméable pour les sorties d'hiver : sans sous-poil, il n'a rien pour se protéger du froid et de la pluie.
Prix et budget annuel
Pour un Greyhound (Lévrier Anglais), compter entre 500€ et 1000€ chez un éleveur LOF sérieux. Le budget annuel d'entretien comprend :
- Alimentation : 80-130€/mois
- Vétérinaire (vaccins, bilans) : 300-500€/an
- Assurance santé : 30-50€/mois
Le Greyhound (Lévrier Anglais) est-il fait pour vous ?
Le Greyhound est le grand chien des gens qui n'ont pas envie de courir. Deux sorties par jour, dont une avec dix à quinze minutes de course libre dans un espace entièrement clôturé, couvrent l'essentiel de ses besoins ; le reste du temps, il dort. Cette économie d'énergie en fait l'un des rares chiens de 70 cm au garrot réellement compatibles avec un appartement (75/100), à condition d'avoir accès à un terrain fermé plusieurs fois par semaine, un jardin de ville ne remplaçant pas un espace où il peut ouvrir sa foulée. C'est aussi une race accessible à un premier maître (75/100), d'autant que l'adoption d'un ancien coureur de 2 à 5 ans évite complètement la phase chiot. Deux incompatibilités doivent en revanche être prises au sérieux : les chats et les petits animaux, avec lesquels la cohabitation reste risquée sauf sujet testé (30/100), et les foyers qui rêvent de longues randonnées sans laisse, incompatibles avec son instinct de poursuite. Côté budget, c'est l'un des grands chiens les plus abordables à l'achat, 500 à 1 000 €, mais prévoyez le coût des soins d'un chien de 30 à 40 kg et l'achat d'un manteau d'hiver. Il convient particulièrement aux personnes calmes, aux télétravailleurs et aux foyers sans agitation permanente, sa sensibilité s'accommodant mal du bruit et de la tension.
Greyhound : le coureur le plus rapide du monde qui adore dormir 18 heures par jour
Le Greyhound est l'une des races canines les plus anciennes documentées : des représentations de chiens greyhound-like apparaissent dans des tombes égyptiennes datant de 2900 avant notre ère. Pendant des millénaires, il a été le chien des nobles et des rois, utilisé pour la chasse au lièvre à vue (coursing) et les courses. Il peut atteindre 72 kilomètres par heure en sprint, ce qui en fait le deuxième animal terrestre le plus rapide après le guépard sur courte distance.
Le paradoxe du Greyhound : c'est un sprinteur, pas un coureur d'endurance. Ses muscles sont quasi exclusivement des fibres rapides (fibres de type IIb), contrairement aux races d'endurance comme le Husky qui ont un mix de fibres lentes et rapides. Cela signifie qu'un Greyhound est épuisé après 30 à 45 secondes de sprint, puis récupère complètement en quelques minutes. Deux à trois sprints libres par jour dans un espace sécurisé (un terrain clôturé de 400 mètres minimum) et une longue balade en laisse suffisent à le satisfaire physiquement. En dehors de ces sprints, le Greyhound est paresseux et peut dormir 18 heures par jour.
Cette nature sprint-dormeur le rend parfaitement adapté à la vie en appartement ou en maison, à condition d'avoir accès à un espace de course sécurisé plusieurs fois par semaine. Il est souvent adopté par des personnes peu sportives qui pensent que ses performances requièrent des heures d'exercice quotidien, et sont agréablement surprises de sa nature calme et économique en énergie.
La quasi-totalité des Greyhounds disponibles à l'adoption en France sont d'anciens chiens de courses ou de coursing. L'association Ligue Française du Greyhound et de nombreux refuges proposent des Greyhounds de 2 à 5 ans, sains, matures et souvent déjà propres à la maison. Adopter un ex-coureur est une des meilleures façons d'avoir un Greyhound : les chiots isolés en élevage sont rares et chers.
Tests et santé spécifiques : le Greyhound a une biologie sanguine différente des autres races. Son taux normal de globules rouges est beaucoup plus élevé (40 à 65 pourcent vs 37 à 55 pourcent chez les autres chiens), sa créatinine et ses enzymes hépatiques ont des valeurs normales différentes. Un vétérinaire non familier avec la race peut interpréter ces valeurs comme anormales. La race est aussi très sensible à certains anesthésiques barbituriques, notamment le thiopental, qui sont métabolisés différemment à cause de son pourcentage de graisse corporelle très faible. Prévenir systématiquement le vétérinaire à chaque anesthésie. Sensibilité cutanée élevée : son pelage très court donne peu d'isolement, il peut avoir froid en hiver et nécessité un manteau.
Le Greyhound appartient à la famille des lévriers, des chiens qui chassent à vue et non à l'odorat, contrairement à la majorité des races. Son champ de vision atteint près de 270 degrés grâce à la position latérale de ses yeux, ce qui lui permet de repérer un mouvement à plusieurs centaines de mètres. Cet instinct de poursuite visuelle est câblé et ne s'éteint jamais complètement, même chez un chien de canapé très calme : un lapin, un chat qui détale ou un joggeur peuvent déclencher une course-poursuite immédiate. C'est pourquoi la laisse est non négociable en extérieur non clôturé, quel que soit le niveau de dressage.
Un Greyhound adopté après une carrière de course arrive souvent dans son tout premier foyer : il n'a jamais vu d'escalier, de fenêtre, de sol carrelé ou de télévision. Les premières semaines demandent de la patience pour l'aider à découvrir ces éléments du quotidien, un par un, sans le brusquer. Les sols glissants (carrelage, parquet ciré) l'inquiètent particulièrement à cause de sa musculature puissante et de ses pattes fines : des tapis antidérapants dans les zones de passage évitent les chutes et les blessures. La muselière portée en course n'est pas un signe d'agressivité mais une protection réglementaire pendant les sprints en groupe.
Fait insolite : au Moyen Âge en Angleterre, la loi forestière interdisait aux roturiers de posséder un Greyhound, réservant la race à la noblesse car ses talents de chasse au gibier royal (cerfs, lièvres) menaçaient le monopole royal sur la chasse. Posséder un Greyhound sans en avoir le droit pouvait être sévèrement puni. Cette symbolique aristocratique perdure : la race apparaît sur des blasons familiaux à travers l'Europe et Dante la cite dans la Divine Comédie comme figure de noblesse et de justice. Le logo de la compagnie de bus américaine Greyhound Lines s'inspire directement de cette image de vitesse élégante.
La peau du Greyhound est parmi les plus fines du monde canin, avec un tissu graisseux sous-cutané minimal. Résultat : des écorchures et coupures surviennent facilement au contact de branches, grillages ou surfaces rugueuses, et cicatrisent parfois lentement. Des callosités épaisses et parfois douloureuses (les cors) peuvent aussi apparaître aux coudes et aux hanches, points d'appui osseux peu protégés lorsque le chien se couche sur un sol dur. Un couchage épais et rembourré, changé régulièrement, est donc un investissement santé, pas juste un confort, et prévient l'apparition de ces cors.
Autre particularité méconnue : la dentition des ex-Greyhounds de course est souvent en mauvais état à l'adoption. L'alimentation en centre d'entraînement, orientée vers l'apport calorique rapide plutôt que la mastication, favorise l'accumulation de tartre, et un détartrage vétérinaire complet dans les premiers mois suivant l'adoption est fréquemment recommandé. Un brossage régulier dès le retour à la maison, associé à des jouets à mâcher adaptés, ralentit ensuite nettement la progression du tartre et évite des extractions dentaires douloureuses et coûteuses quelques années plus tard.
Points de santé spécifiques
Trois consignes résument la santé du Greyhound et devraient figurer sur son carnet. Un : signaler la race avant toute anesthésie, même brève. Son taux de graisse corporelle extrêmement bas et son métabolisme particulier rendent certains produits anesthésiants dangereux, et son réveil est souvent plus long que la moyenne, avec un risque d'hypothermie sur la table qui justifie un réchauffement actif. Deux : le protéger du froid. Poil ras sans sous-poil, peau fine et absence de réserve graisseuse font qu'il se refroidit dès que le thermomètre descend, en promenade comme en convalescence : manteau dehors, couchage éloigné des courants d'air dedans. Trois : faire vérifier toute boiterie qui dure. L'ostéosarcome est la principale cause de perte prématurée chez les lévriers de grande taille et se signale d'abord par une gêne d'appui discrète sur un antérieur, souvent attribuée à tort à une simple foulure. À cela s'ajoute une lecture de laboratoire à part : hématocrite naturellement élevé, globules blancs et plaquettes plus bas que la moyenne canine, créatinine supérieure. Faites noter la race sur les analyses pour éviter des examens complémentaires inutiles et des diagnostics erronés.