Yorkshire Terrier : caractère, santé et conseils pour bien l'adopter
Fiche d'identité du Yorkshire Terrier
| Pays d'origine | Angleterre |
|---|---|
| Groupe FCI | Terriers |
| Taille (mâle / femelle) | 20-23 cm / 20-23 cm |
| Poids (mâle / femelle) | 2-3.2 kg / 2-3.2 kg |
| Espérance de vie | 13-16 ans |
| Pelage | Long, soyeux, brillant |
| Couleurs | Bleu acier et feu |
| Exercice quotidien | 30-45 min |
Caractère et tempérament
Le Yorkshire Terrier a le caractère d'un chien dix fois plus gros que lui, et il ne s'en cache pas. Il aboie au moindre bruit d'ascenseur, se plante devant un chien de berger sans reculer d'un centimètre, et défend son canapé avec un aplomb qui fait sourire, jusqu'au jour où cela devient un problème. Cette assurance vient directement de son ancien travail : chasser du rat dans une filature demandait du cran et de la ténacité, pas de la docilité. Il est en même temps profondément attaché à ses humains, souvent à une personne en priorité, et cherche le contact en permanence : il suit, il s'installe sur les genoux, il se glisse sous un plaid. Vif et curieux, il adore apprendre des tours et se lasse très vite quand il ne se passe rien. Son côté têtu apparaît surtout lorsqu'il a compris qu'un comportement lui rapporte quelque chose, car ce chien retient parfaitement ce qui fonctionne, y compris les caprices. Sa voix, enfin, est son mode d'expression principal : chez cette race, l'aboiement n'est pas le signe d'une éducation ratée, c'est une caractéristique à canaliser dès les premières semaines à la maison.
Santé et espérance de vie
Le Yorkshire Terrier vit longtemps, 13 à 16 ans en moyenne, et ses trois prédispositions connues découlent toutes de son format miniature. La luxation de la rotule est la plus courante : le genou se déboîte brièvement, le chien sautille alors sur trois pattes pendant quelques foulées puis repart comme si de rien n'était. Ce signe, souvent banalisé, mérite un examen, car selon le stade une simple surveillance et un poids tenu suffisent, ou bien une chirurgie s'impose. L'effondrement de la trachée est la deuxième, et la plus impressionnante : les anneaux qui maintiennent le conduit ouvert s'affaissent, et le chien produit une toux sèche très reconnaissable, comparable à un cri d'oie, déclenchée par l'excitation, la traction sur le cou ou la chaleur. Le collier est à bannir définitivement au profit d'un harnais, et la fumée de cigarette aggrave nettement le tableau. La troisième est l'anomalie vasculaire portosystémique, une malformation où le sang contourne le foie au lieu d'y être filtré : elle se manifeste chez le jeune chien par un retard de croissance, un abattement ou une désorientation après les repas, et se dépiste par un dosage sanguin des acides biliaires. Avant l'achat, questionnez l'éleveur sur ces trois points et méfiez-vous des annonces vantant des sujets extra-miniatures.
Prédispositions génétiques à surveiller :
- Luxation de la rotule
- Effondrement de la trachée
- Anomalie vasculaire portosystémique
Alimentation pour race moyenne
Alimentation du Yorkshire Terrier
Chez un chien de 2 à 3,2 kilos, la ration quotidienne tient dans le creux de la main, et c'est précisément ce qui rend l'alimentation du Yorkshire Terrier plus délicate qu'il n'y paraît : une friandise de trop pèse, en proportion, autant qu'un repas entier chez un grand chien. Tout se pèse, rien ne se donne à l'estime. On choisit des croquettes de très petit calibre, adaptées à une mâchoire minuscule et à des dents serrées, avec une texture qui aide à limiter le dépôt de tartre, sujet majeur dans cette race. Chez le chiot de ce gabarit, on fractionne en trois ou quatre repas par jour pour compenser un estomac minuscule, avant de passer à deux repas à l'âge adulte. Le contrôle du poids n'a rien de cosmétique : quelques centaines de grammes en trop suffisent à aggraver une rotule instable et à rendre la respiration plus pénible chez un chien dont la trachée est déjà fragile. Enfin, ce petit gourmand a vite fait de bouder ses croquettes s'il a appris qu'un morceau de poulet finirait par arriver : mieux vaut ne jamais commencer que d'essayer de rattraper cette habitude. Budget à prévoir : 50 à 80 € par mois.
Éducation et comportement
Éduquer un Yorkshire Terrier consiste d'abord à résister à la tentation de le traiter comme une peluche. Le porter en permanence, lui passer ce qu'on ne passerait jamais à un chien de 30 kilos et céder à ses demandes fabrique en quelques mois un compagnon tyrannique et anxieux, persuadé que tout lui est dû. On le pose donc au sol, on le fait marcher lui-même, et on lui applique les mêmes règles qu'à n'importe quel chien. Trois apprentissages comptent plus que tous les autres dans cette race. L'aboiement d'abord, puisqu'il a été sélectionné pour donner de la voix face aux rongeurs : on installe très tôt un signal qui met fin à la série, en récompensant les secondes de calme obtenues plutôt qu'en criant par-dessus lui. La propreté ensuite, souvent plus longue à acquérir que chez un grand chien, parce qu'une vessie de cette taille oblige à sortir souvent et qu'il rechigne à poser les pattes dehors sous la pluie : sorties fréquentes, régularité, patience, et jamais de réprimande sur un accident. La manipulation enfin : entre le brossage quotidien, les passages chez le toiletteur et les soins de bouche réguliers, ce chien passera sa vie entre des mains, et un chiot habitué tôt à se laisser toucher partout simplifiera quinze années de soins. Les séances doivent rester courtes et enjouées, il décroche dès que cela devient répétitif.
Éducation chiot : guide complet
Entretien et toilettage
Le poil du Yorkshire Terrier n'est pas un pelage ordinaire : dépourvu de sous-poil, il s'apparente davantage à un cheveu, pousse en continu et ne tombe presque pas. Bonne nouvelle pour la maison, mauvaise nouvelle pour l'agenda, car laissé long il s'emmêle en quelques jours et impose un brossage quotidien, mèche par mèche, en commençant par les pointes puis en remontant vers la racine, avec un peigne métallique et un spray démêlant pour ne pas casser le poil. Les nœuds se forment en premier derrière les oreilles, sous les aisselles et à l'arrière-train. Un rendez-vous chez le toiletteur toutes les 6 à 8 semaines entretient la longueur, et beaucoup de propriétaires choisissent une coupe courte, très pratique et sans le moindre inconvénient pour le chien. Le poil qui pousse devant les yeux se maintient par une petite barrette ou se raccourcit, pour éviter qu'il n'irrite la cornée, et celui qui pousse à l'entrée du conduit auditif se retire délicatement lors du toilettage. L'autre grand chantier de la race est la bouche : dans une mâchoire aussi petite, les dents sont serrées, le tartre s'installe très tôt, parfois avant l'âge de quatre ans, et un brossage quasi quotidien commencé chiot relève ici du soin de santé et non du luxe. On fait aussi vérifier la persistance éventuelle des dents de lait au moment de la stérilisation. Enfin, ses griffes s'usent très peu à ce poids : on les raccourcit toutes les trois à quatre semaines.
Prix et budget annuel
Pour un Yorkshire Terrier, compter entre 700€ et 1500€ chez un éleveur LOF sérieux. Le budget annuel d'entretien comprend :
- Alimentation : 50-80€/mois
- Vétérinaire (vaccins, bilans) : 250-400€/an
- Assurance santé : 20-35€/mois
Le Yorkshire Terrier est-il fait pour vous ?
Le Yorkshire Terrier est un chien de ville par excellence : ses 30 à 45 minutes de sortie quotidienne, ses 20 à 23 centimètres au garrot et sa facilité de transport en font un compagnon idéal en appartement, à condition d'avoir sérieusement travaillé l'aboiement avec lui. Il convient à un premier adoptant, aux personnes seules, aux retraités et surtout aux télétravailleurs, car il supporte assez mal les longues journées de solitude et le fait savoir bruyamment. Il cohabite en général très bien avec un chat de la maison. La vraie réserve concerne les jeunes enfants, et ce n'est pas une question de caractère mais de physique : un chien de 2 à 3 kilos se blesse gravement en tombant d'un canapé ou en recevant un pied par mégarde, et il grogne légitimement quand on le manipule brusquement, ce qui rend le duo compliqué avant l'âge de raison. Autre point à peser, le temps et l'argent consacrés à son entretien, entre le brossage quotidien et le toiletteur toutes les 6 à 8 semaines. Le budget se répartit ainsi : 700 à 1 500 € pour le chiot, 50 à 80 € de nourriture mensuelle, 250 à 400 € de frais vétérinaires annuels, plus le toilettage. En échange, vous aurez pendant 13 à 16 ans un chien drôle, courageux et d'une fidélité qui surprend.
Yorkshire Terrier : un terrier de travail piégé dans un corps de chien de luxe
Le Yorkshire Terrier a été créé dans le nord de l'Angleterre au XIXe siècle par des ouvriers mineurs et tisserands des comtés du Yorkshire et du Lancashire. Sa mission originelle : chasser les rats dans les mines de charbon et les filatures de coton. Ce passé de chasseur de nuisibles explique un paradoxe que les propriétaires découvrent souvent trop tard : derrière le pelage soyeux et la barrette se cache un terrier pur sang avec un instinct de chasse, une ténacité à toute épreuve et une indépendance d'esprit marquée.
Le Yorkshire Terrier est la 5e race la plus populaire en France, mais c'est aussi celle avec un taux d'abandon élevé autour de 2 à 3 ans. La cause principale : des propriétaires qui ont adopté un chien de sac à main et découvert un chien qui aboie, creuse, chasse et ne supporte pas d'être ignoré. L'écart entre l'image marketing et la réalité comportementale est considérable et rarement bien anticipé.
Son aboiement est un trait de terrier sélectionné pour alerter les mineurs de la présence de rongeurs : il aboie pour tout et pour rien. Le travail de désensibilisation et de commande silence doit commencer dès 8 semaines. Sans travail précoce, l'aboiement devient un automatisme impossible à éradiquer et constitue la première cause de plainte de nuisances sonores dans les copropriétés.
Tests génétiques et santé : shunt porto-systémique ou malformation hépatique qui laisse le sang non filtré passer directement dans la circulation (touche 1 à 2 pourcent des Yorkshire, symptômes de retard de croissance et de crises après les repas), trachée collabante (harnais obligatoire, pas de collier), luxation de la rotule, hypoglycémie chez les chiots sous 1,5 kilogramme, dystrophie rétinienne (test ADN disponible). Le brossage des dents est critique dans cette race : les Yorkshire sont très prédisposés aux maladies parodontales sévères dès 3 à 4 ans, ce qui peut réduire leur espérance de vie par les infections systémiques.
Son pelage pousse de façon continue et sans mue, ce qui est un avantage pour les allergiques mais une contrainte pour l'entretien. Un toilettage professionnel toutes les 6 à 8 semaines minimum est nécessaire, plus un brossage quotidien si la robe est laissée longue. La coupe puppy cut courte est la solution la plus pratique pour les propriétaires qui ne peuvent pas maintenir une robe longue.
Ce qui lui convient : les petits espaces comme les appartements sont parfaitement adaptés, les propriétaires actifs mentalement car il adore apprendre des tricks, les familles sans jeunes enfants car il est fragile physiquement malgré son caractère affirmé, les personnes travaillant à domicile car il tolère mal les longues absences. L'obéissance et l'agility toy lui permettent d'exprimer son intelligence et son énergie de façon constructive et enrichissante.
À l'époque victorienne, le petit chasseur de rats des usines a connu une transformation radicale. Exhibé dans les expositions canines dès les années 1860, il devient un symbole de statut social pour la bourgeoisie anglaise, qui l'adopte comme accessoire de mode porté dans les bras ou dans un panier. Les éleveurs de l'époque ont volontairement réduit sa taille par sélection : le Yorkshire d'origine pesait souvent autour de 6 kilogrammes, contre 2 à 3,2 kilogrammes aujourd'hui. Cette miniaturisation progressive, poursuivie sur plus d'un siècle, explique en partie la fragilité squelettique et organique qui caractérise la race moderne.
Cette petite taille extrême n'est pas sans conséquence. Chez certains chiots, en particulier les formats dits « mini » ou « toy » sous 1,5 kilogramme, la fontanelle du crâne peut rester ouverte plusieurs mois, parfois de façon définitive. Ce point mou, similaire à celui d'un nourrisson, rend la tête particulièrement vulnérable aux chocs et impose une vigilance constante durant les premiers mois, notamment avec de jeunes enfants qui ne mesurent pas le danger d'une simple chute ou d'une manipulation brusque.
Le poil du Yorkshire n'est pas un pelage classique mais un poil proche du cheveu humain, sans sous-poil isolant. Sa texture fine et sa croissance continue expliquent pourquoi les chiens présentés en exposition portent des papillotes protectrices, roulées et fixées avec des élastiques, pour préserver la longueur de la robe entre deux toilettages. Pour les propriétaires qui ne souhaitent pas s'astreindre à cet entretien minutieux, la coupe courte façon « teddy bear » reste une alternative parfaitement acceptée, sans risque pour la santé du chien, contrairement à une idée reçue.
Sur le plan du caractère, le Yorkshire ignore totalement sa propre taille. Il défie sans hésiter des chiens dix fois plus lourds que lui, aboie face à un inconnu avec l'assurance d'un molosse et refuse souvent de céder du terrain. Ce syndrome du « petit chien à l'ego de grand chien » est renforcé quand le propriétaire le porte systématiquement ou cède à ses caprices : le chien apprend alors que son comportement fonctionne et devient plus difficile à canaliser avec l'âge.
Fait méconnu : un Yorkshire Terrier nommé Smoky est devenu célèbre pendant la Seconde Guerre mondiale. Trouvé dans une tranchée en Nouvelle-Guinée par un soldat américain, ce petit chien de moins de deux kilogrammes a participé à des missions militaires, tirant un câble de communication à travers un tunnel étroit, avant de devenir l'un des tout premiers chiens de thérapie reconnus, réconfortant les soldats blessés dans les hôpitaux militaires.
Points de santé spécifiques
Chez le Yorkshire Terrier, la prévention tient en trois gestes du quotidien. Le premier concerne la bouche : la maladie parodontale s'installe tôt dans cette race et les infections buccales finissent par retentir sur l'état général, ce qui fait du brossage quotidien et des détartrages décidés par le vétérinaire un pilier du programme de santé, au même titre qu'un vaccin. Le deuxième porte sur le poids, à quelques dizaines de grammes près, car chez un chien de 2 à 3,2 kilos la marge est minuscule et l'excès pèse à la fois sur des genoux instables et sur la respiration. Le troisième consiste à supprimer les sauts depuis les meubles, qui malmènent des rotules déjà fragiles : un petit escalier ou une rampe vers le canapé règle le problème une fois pour toutes. Avec 13 à 16 ans d'espérance de vie, les rendez-vous les plus utiles sont ceux où l'on fait examiner les genoux, la bouche, le cœur et la respiration, avec un passage à deux visites par an à partir de sept ans. Et chez un chiot qui grandit mal ou paraît hébété après ses repas, un dosage sanguin des acides biliaires est le premier examen à demander.