Amazone : caractère, santé et conseils pour bien l'adopter
Fiche d'identité du Amazone
| Pays d'origine | Amérique du Sud, Amérique centrale et Caraïbes selon l'espèce |
|---|---|
| Famille | Psittacidés |
| Taille (mâle / femelle) | 33-38 cm selon l'espèce d'amazone / 33-38 cm |
| Poids (mâle / femelle) | 350-500 g selon l'espèce / 350-500 g |
| Espérance de vie | 40 à 60 ans en captivité bien soignée, certains sujets documentés au-delà |
| Pelage | Plumage vert vif dominant sur le corps, tête colorée selon l'espèce (bleu, jaune, orange) |
| Couleurs | Vert avec front bleu, tête jaune, ou touches oranges aux ailes, selon l'espèce d'amazone concernée |
| Exercice quotidien | 2 à 3h de sortie de cage supervisée par jour |
Caractère et tempérament
L’amazone est un perroquet à forte personnalité, souvent très démonstratif et joyeux, qui peut chanter, danser et imiter la voix humaine avec une clarté remarquable, ce qui en fait l’une des espèces les plus recherchées pour ses capacités d’imitation. Jeune, elle se montre généralement sociable et curieuse envers l’ensemble du foyer. La situation évolue souvent à l’approche de la maturité sexuelle, entre 3 et 6 ans selon les individus et les espèces : certaines amazones développent alors une agressivité saisonnière, en particulier au printemps, période hormonale marquée chez cette espèce, avec un attachement exclusif à une seule personne et une hostilité envers les autres. Ce comportement bien documenté chez les vétérinaires comportementalistes aviaires n’est pas systématique mais reste suffisamment fréquent pour être anticipé avant l’adoption. Son niveau sonore, sans atteindre celui de l’ara, reste élevé, avec des cris marqués au lever et au coucher du soleil.
Santé et espérance de vie
L’amazone est un oiseau robuste qui peut vivre 40 à 60 ans en captivité bien soignée. C’est une espèce particulièrement sujette à la stéatose hépatique, une maladie du foie liée à un régime alimentaire trop gras et trop calorique par rapport à son niveau d’activité réel, très documentée chez les amazones captives nourries de façon déséquilibrée pendant des années. L’obésité est un problème connexe fréquent, aggravé par un manque d’exercice en cage trop petite. L’aspergillose, favorisée par un environnement humide, touche aussi cette espèce comme les autres grands psittacidés. Les épisodes d’agressivité hormonale saisonnière, bien que comportementaux plutôt que médicaux à proprement parler, doivent être surveillés de près car ils peuvent conduire à des blessures, tant chez l’oiseau que chez le propriétaire. Un bilan vétérinaire annuel avec surveillance du poids et de la fonction hépatique est vivement recommandé sur la durée de vie exceptionnellement longue de cette espèce.
Prédispositions génétiques à surveiller :
- Stéatose hépatique (maladie du foie gras, très fréquente chez cette espèce)
- Obésité liée à un régime trop riche en graines grasses
- Aspergillose respiratoire
- Comportements agressifs saisonniers liés aux hormones de reproduction
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Alimentation du Amazone
L’alimentation de l’amazone doit reposer principalement sur des extrudés de qualité, en évitant absolument les mélanges de graines dominés par le tournesol, une espèce particulièrement encline à l’obésité et à la stéatose hépatique en cas de régime trop gras. Fruits et légumes frais variés (pomme, carotte, brocoli, poivron) doivent constituer une part importante et quotidienne du régime. Les fruits à coque, riches en graisses, doivent rester une friandise occasionnelle et non un aliment de base, contrairement à ce que tolèrent mieux les grands aras plus actifs. L’avocat, le chocolat, le sel et le sucre restent strictement interdits. Une surveillance régulière du poids, par une pesée hebdomadaire à la maison, permet de détecter précocement toute prise de poids excessive chez cette espèce encline à l’embonpoint.
Éducation et comportement
L’éducation d’une amazone doit anticiper dès le plus jeune âge la période délicate de la maturité sexuelle, en maintenant une socialisation large auprès de plusieurs membres du foyer plutôt qu’un attachement exclusif à une seule personne, ce qui limite le risque de comportement territorial plus tard. Le renforcement positif reste la meilleure approche, avec des séances régulières de manipulation douce et de récompense. Il est important de reconnaître les signaux d’avertissement propres à cette espèce (dilatation des pupilles, plumes de la nuque hérissées, posture rigide) avant qu’ils ne débouchent sur une morsure, particulièrement fréquente et douloureuse chez l’amazone en raison de la puissance de son bec. En cas d’agressivité saisonnière installée, l’accompagnement par un comportementaliste aviaire expérimenté donne de bien meilleurs résultats qu’une gestion improvisée.
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Entretien et toilettage
L’amazone a besoin d’une cage spacieuse, avec des perchoirs variés et suffisamment d’espace pour déployer ses ailes sans les abîmer. Le nettoyage du fond de cage est quotidien, celui de l’ensemble hebdomadaire. Elle apprécie les douches régulières, en pulvérisation généreuse ou en extérieur sécurisé, un rituel qui favorise la santé de son plumage. Le renouvellement fréquent de jouets et de bois à ronger canalise son énergie et limite l’ennui, facteur aggravant des troubles du comportement chez cette espèce vive. En période de comportement hormonal saisonnier, réduire les caresses sur le dos et sous les ailes, qui peuvent être perçues comme une stimulation reproductive, aide à limiter l’intensité des épisodes d’agressivité chez les sujets sensibles.
Prix et budget annuel
Pour un Amazone, compter entre 1200€ et 2200€ chez un éleveur sérieux ou dans une animalerie spécialisée. Le budget annuel d'entretien comprend :
- Alimentation : 30-45€/mois
- Vétérinaire (vaccins, bilans) : 100-170€/an
- Assurance santé : 10-16€ (assurance NAC, encore peu répandue pour les oiseaux)/mois
Le Amazone est-il fait pour vous ?
L’amazone convient à des propriétaires expérimentés en psittacidés, capables d’anticiper et de gérer les changements de comportement liés à la maturité sexuelle, et disposant d’un espace suffisant loin d’un voisinage sensible au bruit. Ce n’est pas un choix recommandé pour un premier oiseau ni pour un foyer avec de jeunes enfants exposés au risque de morsure, surtout passé l’âge de 3 à 4 ans. Un propriétaire patient et cohérent y trouvera en revanche un compagnon expressif, très communicatif et capable d’un lien affectif profond sur plusieurs décennies.
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Le genre Amazona compte environ trente espèces réparties du Mexique jusqu’au nord de l’Argentine, en passant par les Caraïbes, avec une diversité de couleurs et de tailles selon les régions. L’amazone à front bleu (Amazona aestiva), originaire du centre et de l’est de l’Amérique du Sud, reste l’une des espèces les plus présentes en captivité en Europe, aux côtés de l’amazone à tête jaune et de l’amazone ailes oranges, également populaires chez les amateurs de grands psittacidés.
Dans la nature, les amazones vivent en groupes bruyants et sociaux, souvent observées se déplaçant en couples soudés au sein de bandes plus larges regroupées autour des arbres fruitiers en pleine production. Leur répertoire vocal naturel, déjà riche et varié à l’état sauvage, explique en partie leur remarquable aptitude à l’imitation humaine en captivité : contrairement à des espèces au chant plus stéréotypé, les amazones ont une plasticité vocale qui facilite l’apprentissage de nouveaux sons tout au long de leur vie adulte, pas seulement durant une période critique de jeunesse.
Le phénomène d’agressivité saisonnière, parfois surnommé « spring fever » par les éleveurs et vétérinaires anglophones, est particulièrement bien documenté chez cette espèce et constitue l’un des principaux motifs de replacement d’amazones adultes vers des refuges spécialisés. Ce comportement, déclenché par les variations hormonales liées à la saison de reproduction, se traduit par une territorialité accrue, un attachement exclusif renforcé envers une seule personne et parfois des morsures inattendues chez un sujet auparavant docile. Comprendre ce mécanisme avant l’adoption, plutôt que de le découvrir en urgence, change complètement la façon dont un propriétaire peut anticiper et gérer sereinement cette période chaque année.
Sur le plan physique, le dimorphisme sexuel des amazones est quasiment inexistant à l’œil nu chez la plupart des espèces du genre, à de rares exceptions près. Comme chez le gris du Gabon, seule une analyse ADN ou une endoscopie permet de déterminer le sexe avec certitude, une information utile pour anticiper certains comportements hormonaux propres à chaque sexe, notamment chez les femelles susceptibles de pondre des œufs même sans partenaire mâle présent dans le foyer.
Plusieurs espèces d’amazones figurent parmi les psittacidés menacés à l’état sauvage, en particulier en raison de la déforestation de leur habitat naturel et de la capture historique pour le commerce d’animaux de compagnie, aujourd’hui strictement encadrée par la convention CITES. Certaines espèces insulaires des Caraïbes, comme l’amazone de la Jamaïque ou l’amazone impériale de la Dominique, comptent parmi les oiseaux les plus rares et les plus protégés au monde, avec des populations sauvages réduites à quelques centaines d’individus.
Adopter une amazone reste une expérience réputée particulièrement gratifiante par les propriétaires expérimentés, tant cette espèce peut développer une personnalité riche, drôle et affectueuse au quotidien. Mais cette même intensité de caractère impose une préparation sérieuse, une connaissance des cycles comportementaux propres à l’espèce et un engagement sur plusieurs décennies, bien loin de l’image simplifiée du perroquet qui répète quelques mots pour amuser la galerie.
À l’état sauvage, les amazones se rassemblent chaque matin et chaque soir en groupes bruyants autour de leurs perchoirs collectifs, produisant un véritable concert de cris coordonnés au lever et au coucher du soleil, un comportement souvent décrit par les ornithologues comme un « appel » de groupe qui permettrait de maintenir la cohésion de la bande avant le départ vers les zones de nourrissage ou le retour au dortoir. En captivité, ce réflexe biologique persiste presque intact : la majorité des amazones domestiques restent nettement plus bruyantes en tout début et en toute fin de journée que le reste du temps, un rythme à anticiper avant l’adoption plutôt qu’à découvrir après.
Sur le plan comportemental, l’amazone est aussi connue pour une parade appelée familièrement la « danse de l’amazone » : l’oiseau excité balance la tête, dilate les pupilles, hérisse les plumes de la nuque et se déplace en cadence sur son perchoir, un comportement de démonstration sociale qui peut exprimer aussi bien l’enthousiasme et le jeu qu’un état d’excitation précurseur d’un comportement plus territorial. Apprendre à distinguer ces deux contextes chez son propre oiseau, plutôt que d’appliquer une règle générale, fait partie de l’apprentissage progressif que tout propriétaire d’amazone doit accepter de faire sur la durée.
En dehors de la saison de reproduction, plusieurs espèces d’amazones forment de grands dortoirs communautaires nocturnes, parfois partagés avec d’autres espèces de perroquets de la même région, un comportement qui offre une protection collective contre les prédateurs pendant le sommeil. La nidification, elle, se fait presque toujours en solitaire dans une cavité naturelle, souvent au creux d’un arbre mort ou d’un palmier, la femelle choisissant généralement le site avec un soin particulier avant de pondre. Cette alternance entre vie grégaire au repos et vie strictement en couple pendant la reproduction est un schéma social que l’on retrouve, sous des formes voisines, chez plusieurs autres grands psittacidés présentés dans ce guide, comme l’ara et le gris du Gabon.