Ara : caractère, santé et conseils pour bien l'adopter
Fiche d'identité du Ara
| Pays d'origine | Amérique du Sud et Amérique centrale (forêts tropicales) |
|---|---|
| Famille | Psittacidés |
| Taille (mâle / femelle) | 80-95 cm (queue longue incluse, selon l'espèce d'ara) / 80-95 cm |
| Poids (mâle / femelle) | 900-1300 g (ara bleu et jaune, l'espèce la plus courante en captivité) / 900-1300 g |
| Espérance de vie | 50 à 80 ans potentiels en captivité très bien soignée, la moyenne réelle observée restant souvent plus proche de 30-50 ans |
| Pelage | Plumage aux couleurs vives et contrastées selon l'espèce (bleu et jaune, rouge et vert, rouge écarlate), zone faciale nue caractéristique |
| Couleurs | Bleu et jaune, rouge et vert, rouge écarlate et bleu, selon l'espèce d'ara concernée |
| Exercice quotidien | 3 à 5h de sortie de cage supervisée par jour, idéalement dans une grande volière extérieure sécurisée |
Caractère et tempérament
L’ara est un oiseau au tempérament souvent très affectueux avec son propriétaire, capable de véritables démonstrations de tendresse et d’un attachement profond, ce qui explique en partie sa popularité malgré ses contraintes. Mais c’est aussi, sans exception, l’un des oiseaux de compagnie les plus bruyants qui existent : ses cris naturels, destinés à porter sur plusieurs kilomètres à travers la canopée pour maintenir le contact entre membres d’un groupe, atteignent des niveaux sonores incompatibles avec la quasi-totalité des logements en zone urbaine ou en copropriété. Son bec, proportionnellement le plus puissant parmi les perroquets couramment gardés, est capable de casser des noix très dures, ce qui impose une vigilance particulière avec de jeunes enfants ou des visiteurs peu familiers de l’espèce. Son intelligence est comparable à celle du gris du Gabon, avec un besoin de stimulation tout aussi important, sous peine de troubles du comportement sévères.
Santé et espérance de vie
L’ara peut vivre plusieurs décennies en captivité bien soignée, certains sujets exceptionnels dépassant 60 à 80 ans, même si la moyenne réellement observée reste souvent bien inférieure faute de soins optimaux constants sur une durée aussi longue. La proventriculite dilatante aviaire, une maladie virale grave qui affecte le système digestif et parfois nerveux, est une préoccupation sérieuse chez les grands psittacidés et justifie une quarantaine stricte de tout nouvel oiseau introduit dans le foyer. L’aspergillose, favorisée par un environnement humide ou mal ventilé, touche particulièrement cette espèce sensible aux voies respiratoires. Un régime alimentaire mal équilibré, trop riche en graines grasses comme le tournesol, expose l’ara à l’obésité et à des carences nutritionnelles sur le long terme. Un suivi vétérinaire spécialisé en grands psittacidés, au moins une fois par an, est indispensable sur toute la durée de vie exceptionnellement longue de cet oiseau.
Prédispositions génétiques à surveiller :
- Proventriculite dilatante aviaire (maladie du dépérissement du perroquet)
- Maladie du bec et des plumes (PBFD)
- Aspergillose respiratoire
- Obésité et carences sur régime déséquilibré trop riche en graines grasses
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Alimentation du Ara
L’alimentation de l’ara doit reposer sur des extrudés de qualité comme base, complétés par une grande variété de fruits et légumes frais quotidiens (mangue, papaye, poivron, patate douce) et par des fruits à coque non salés, que son bec puissant est parfaitement capable de casser lui-même, un exercice qui stimule aussi son comportement naturel. Les graines restent une part minoritaire du régime, en évitant tout mélange dominé par le tournesol trop gras. L’avocat, le chocolat, le sel et le sucre restent strictement interdits. Compte tenu de son gabarit, les quantités quotidiennes sont nettement plus importantes que pour les autres espèces de ce guide, ce qui explique un budget alimentaire mensuel bien plus élevé. L’eau fraîche doit être renouvelée plusieurs fois par jour vu la taille de l’oiseau et sa consommation.
Éducation et comportement
L’éducation d’un ara demande une cohérence sans faille et un investissement de temps considérable, en particulier durant sa phase d’adolescence comportementale entre 1 et 4 ans, où des tests de dominance et des morsures peuvent apparaître même chez un sujet bien socialisé au départ. Le renforcement positif reste la méthode la plus efficace et la plus sûre, cette espèce étant trop puissante physiquement pour tolérer des méthodes coercitives, qui aggravent généralement les problèmes de comportement plutôt que de les résoudre. L’apprentissage de tours et de commandes simples occupe utilement son intelligence développée. Un accompagnement par un comportementaliste aviaire expérimenté en grands perroquets est vivement recommandé dès l’adoption, avant même l’apparition de problèmes, tant la marge d’erreur est faible avec un animal de cette taille et de cette longévité.
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Entretien et toilettage
L’ara a besoin d’une cage extrêmement spacieuse, voire d’une volière dédiée, tant sa taille et son envergure de vol dépassent largement celles des autres espèces de ce guide. Le nettoyage quotidien est plus conséquent en raison du volume de déjections et de déchets alimentaires produits par un oiseau de cette taille. Il apprécie les douches abondantes, en extérieur sécurisé les jours de beau temps ou en pulvérisation généreuse à l’intérieur. Le renouvellement fréquent de jouets robustes et de bois à ronger de grande taille est indispensable pour canaliser son besoin naturel de destruction, sous peine de voir cette énergie se reporter sur le mobilier ou sur lui-même. Avant toute adoption, il faut impérativement vérifier la compatibilité du logement avec le niveau sonore de l’espèce, un point qui a mis fin à de nombreuses adoptions mal anticipées.
Prix et budget annuel
Pour un Ara, compter entre 2200€ et 4000€ chez un éleveur sérieux ou dans une animalerie spécialisée. Le budget annuel d'entretien comprend :
- Alimentation : 50-80€/mois
- Vétérinaire (vaccins, bilans) : 150-250€/an
- Assurance santé : 15-25€ (assurance NAC, encore peu répandue pour les oiseaux)/mois
Le Ara est-il fait pour vous ?
L’ara ne convient qu’à des propriétaires très expérimentés, disposant d’une maison isolée avec un jardin ou d’une volière dédiée, tolérant un niveau sonore extrême et prêts à un engagement financier et temporel qui peut dépasser une vie humaine active. Ce n’est en aucun cas un choix pour un premier oiseau, pour un appartement ou pour une adoption impulsive motivée par sa seule beauté. Avant d’adopter, il faut anticiper très sérieusement sa succession en cas d’incapacité du propriétaire initial à s’en occuper sur la durée.
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Le terme « ara » désigne en réalité plusieurs espèces distinctes du genre Ara et de genres proches, toutes originaires des forêts tropicales d’Amérique du Sud et centrale. L’ara bleu et jaune (Ara ararauna) reste l’espèce la plus couramment gardée en captivité, suivi par l’ara rouge et vert (Ara chloropterus) et l’ara macao, au plumage rouge écarlate strié de bleu et de jaune. Toutes partagent un point commun : une taille et un besoin d’espace qui les rendent structurellement inadaptées à une vie en appartement, quelle que soit la bonne volonté du propriétaire.
Dans la nature, les aras vivent en couples ou en petits groupes familiaux au sein de bandes plus larges, parcourant chaque jour de longues distances entre leurs sites de nourrissage et leurs perchoirs de repos. Leur cri puissant, qui peut porter sur plusieurs kilomètres à travers la canopée dense, sert à maintenir le contact entre individus dispersés dans un environnement où la visibilité directe est souvent impossible. Ce trait, parfaitement adapté à la vie en forêt tropicale, devient en captivité l’un des principaux facteurs d’abandon de l’espèce : aucun aménagement domestique ne peut réellement en atténuer l’intensité sonore naturelle.
Une particularité remarquable des aras est la zone de peau nue autour de leurs yeux, dépourvue de plumes, qui varie selon les espèces de blanche à rosée. Cette zone n’est pas seulement esthétique : elle rougit visiblement chez certaines espèces sous l’effet de l’excitation ou du stress, offrant aux observateurs attentifs un indicateur d’humeur presque aussi lisible que la huppe d’une calopsitte, un phénomène étudié par les éthologues spécialisés en communication aviaire.
Plusieurs espèces d’aras figurent parmi les psittacidés les plus menacés au monde à l’état sauvage, notamment en raison de la déforestation massive de leur habitat naturel et du trafic historique pour le marché des animaux de compagnie. L’ara de Spix, rendu mondialement célèbre par le film d’animation Rio, a même été déclaré éteint à l’état sauvage pendant plusieurs années avant qu’un programme de réintroduction ne parvienne à réintroduire des individus nés en captivité dans son habitat d’origine au Brésil, un cas emblématique de la fragilité de ces espèces.
La taille et la longévité potentielle de l’ara en font l’un des animaux de compagnie les plus lourds à assumer sur le plan de la responsabilité à long terme. Il n’est pas rare que des refuges spécialisés en grands perroquets doivent organiser plusieurs replacements successifs d’un même individu au cours de sa vie, l’oiseau outrevivant parfois plusieurs propriétaires successifs. Certaines associations exigent désormais la mise en place d’un document de succession dès l’adoption, précisant qui prendra le relais en cas de décès ou d’incapacité du propriétaire initial, une pratique de plus en plus recommandée par les vétérinaires spécialisés en grands psittacidés.
Avant de céder à la fascination bien compréhensible que suscite la beauté de l’ara, il est essentiel de mesurer objectivement l’écart entre le fantasme du grand perroquet coloré posé sur l’épaule et la réalité quotidienne : un investissement financier conséquent, un espace dédié considérable, une tolérance au bruit à toute épreuve et un engagement qui peut, dans les meilleurs cas, dépasser une vie humaine entière de propriétaire.
Dans leur habitat naturel, les aras se rassemblent régulièrement par dizaines, parfois par centaines, sur des parois d’argile exposées le long des rivières amazoniennes, appelées collpas. Ce comportement, largement documenté par les ornithologues sur le terrain, s’explique par la composition minérale de cette argile, qui neutraliserait certaines substances légèrement toxiques présentes dans les graines et fruits non mûrs consommés par les aras, un régime que d’autres animaux de la forêt évitent justement pour cette raison. Ce spectacle des collpas, où plusieurs espèces d’aras et de perroquets se mêlent au lever du jour, reste l’une des attractions naturalistes les plus recherchées par les ornithologues visitant l’Amazonie.
Contrairement à de nombreux oiseaux, les aras forment des couples monogames qui durent en général toute leur vie, une fidélité de couple rare et documentée chez cette espèce à la longévité exceptionnelle. Les deux partenaires restent proches toute l’année, pas uniquement pendant la saison de reproduction, se nourrissent souvent côte à côte et se toilettent mutuellement, un comportement que l’on retrouve, à une échelle réduite, chez les couples d’aras gardés en captivité, où la séparation d’un partenaire établi peut provoquer un vrai stress observable chez l’oiseau restant.
Le bec de l’ara, le plus puissant parmi tous les perroquets couramment décrits dans ce guide, joue aussi un rôle écologique important dans son environnement naturel : capable de briser des coques et des noix bien trop dures pour la plupart des autres animaux de la forêt, l’ara agit comme disperseur de graines pour de nombreuses espèces végétales dont il consomme les fruits sans nécessairement digérer toutes les graines, contribuant ainsi activement à la régénération naturelle de la forêt amazonienne. Cette force de morsure considérable, utile et nécessaire dans son environnement d’origine, explique aussi pourquoi la manipulation d’un ara en captivité demande une expérience réelle : un pincement de jeu mal anticipé peut causer une blessure sérieuse, bien plus qu’avec n’importe quelle autre espèce présentée dans ce guide.